Val d’Illiez: recours au Tribunal cantonal contre la taxe de séjour (Le Nouvelliste)

Le secrétaire de l’association R2VI conteste la nouvelle taxe forfaitaire introduite en 2018. Après avoir recouru auprès de la commune et du canton sans succès, il se retrouve aujourd’hui au Tribunal cantonal.

PAR SOPHIE.DORSAZ@LENOUVELLISTE.CH / PHOTO REGION DENTS DU MIDI

Propriétaire d’un chalet aux Crosets (Val d’Illiez), Jean-Pierre Mérot s’insurge contre la méthode de calcul de la taxe de séjour.

Jean-Pierre Mérot, propriétaire d’un chalet aux Crosets et secrétaire de R2VI (association de résidents secondaires à Val d’Illiez) ne peut s’accommoder de la nouvelle taxe de séjour mise en œuvre dans la vallée d’Illiez depuis janvier 2018. Après avoir recouru auprès de la commune et du canton, il poursuit ses actions auprès du Tribunal cantonal. S’il ne conteste pas le bien-fondé d’une taxe de séjour unifiée dans la destination, il déplore la méthode de calcul de cette dernière qui débouche sur des montants jugés «excessifs». Sa démarche est personnelle mais soutenue par l’association qui réunirait, selon ses dires, 250 propriétaires de résidences secondaires sur le millier que compte la commune.

Trois arguments contre la taxe

Depuis le 1er janvier 2018, la taxe de séjour est passée de 1.80 fr. à 3 francs à Val d’Illiez. Ce chiffre est multiplié par une moyenne de 50 nuits et par un prix au mètre carré se situant entre 6.50 fr. et 8.50 fr. en fonction de la taille du logement. Pour son chalet de six chambres, Jean-Pierre Mérot s’acquitte désormais de 1340 francs de taxe contre 108 francs précédemment (deux forfaits adultes de 54 francs pièce). Son argumentaire contre l’élaboration de la taxe s’articule en trois points. «La loi dit que le montant de la taxe doit être en corrélation avec la qualité des infrastructures d’une destination. Or, à Val d’Illiez, nous n’équivalons pas Zermatt ou Crans-Montana, où le prix par personne et par nuit est également de 3 francs.»

Ensuite, il se demande sur quelle base la moyenne de 50 nuits par an a-t-elle été calculée. Et enfin, il regrette la formule basée sur la surface du logement. «Cela représente peut-être un nombre de nuitées réalisables pour un bien mis en location mais pas pour un bien familial occupé par des privés.»

” La loi dit que le montant de la taxe doit être en corrélation avec la qualité des infrastructures d’une destination. Or, à Val d’Illiez, nous n’équivalons pas Zermatt ou Crans-Montana, où le prix par personne et par nuit est également de 3 francs. “

JEAN-PIERRE MÉROT, SECRÉTAIRE DE L’ASSOCIATION R2VI ET AUTEUR DU RECOURS

Une démarche isolée?

Ismaël Perrin, président de la commune, se dit serein quant à la décision du Tribunal cantonal. «L’élaboration de ce règlement s’est faite avec les résidents secondaires et la majorité en sont satisfaits.» L’association de Champéry – l’Apach – n’a d’ailleurs pas déposé de recours. «Monsieur Mérot arrive malheureusement un peu tard. Je peux comprendre que l’augmentation a pu être drastique pour certains propriétaires, mais ils payaient jusque-là une taxe calculée il y a 25 ans. Or, pour relancer notre économie touristique, nous avons besoin de moyens supplémentaires.» Sébastien Epiney, directeur de la jeune société Région Dents du Midi (RDDM) ajoute que «beaucoup de propriétaires se désolidarisent de l’action de M. Mérot».

“L’élaboration de ce règlement s’est faite avec les résidents secondaires et la majorité en sont satisfaits”

ISMAËL PERRIN, PRÉSIDENT DE VAL D’ILLIEZ

Un siège pour les R2 au sein de la destination

Sur la commune, d’autres propriétaires se questionnent à voix basse sur l’affectation des recettes de la taxe de séjour par RDDM. «A quoi sert notre argent? Nous ne savons rien de leur stratégie touristique…», nous glisse l’un d’entre eux. Entre les trois communes, les taxes de séjours ont rapporté 2,8 millions à RDDM en 2018. «Un montant attribué aux événements et à l’information (1,1 million), à la mise en place de bureaux d’accueil (1,1 million) et à la création de nouveaux produits (600 000 francs)», informe Sébastien Epiney.

Par ailleurs, la semaine dernière, la société a décidé d’inclure un représentant des R2 au sein de son conseil d’administration, à condition qu’une seule association les fédère dans la vallée. «Cela était notre volonté dès le début, comme nous l’avons fait avec les hôteliers. Ça n’a aucun lien avec le recours de M. Mérot», précise Raymond Carrupt, président de la RDDM. Le rapport de gestion de la première assemblée générale de la société sera prochainement mis en ligne. «Il éclairera sur notre stratégie et l’affectation de nos recettes», rassure le président. 

Source : Le Nouvelliste
https://www.lenouvelliste.ch/articles/valais/chablais/val-d-illiez-recours-au-tribunal-cantonal-contre-la-taxe-de-sejour-850327

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